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Environnement, Pêche et Chasse
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L'Écosse, terre celtique de légende, balayée par les vents du nord, recèle en son sein une nature préservée et sauvage. Nous avions à l'esprit, comme à chaque exploration, de découvrir et d'observer tous les tétraonidés du territoire. La mythique grouse, le tétras lyre, le lagopède alpin et le grand tétras, cette dernière espèce demeurant rare en Écosse. En effet le grand tétras Écossais disparut en 1785 suite à l'extraordinaire déforestation que connu le pays depuis le néolithique. Les Highlands, et la presque totalité du pays n'étaient à l'origine qu'une immense forêt, la forêt Calédonienne, abritant une faune et une flore typique des territoires du nord de l'Europe. Aujourd'hui les Écossais protègent cet écosystème précieux mais cette forêt primaire est fractionnée en une multitude d'isolats certainement peu favorable au développement d'une espèce comme le grand tétras. Les estimations du nombre d'oiseaux sont d'ailleurs assez faibles : 800 à 1900 individus hanteraient encore la Calédonian forest.

Pour autant, la première journée fut consacrée à déceler le moindre indice de présence en explorant les zones qui nous semblaient les plus favorables. Sélectionnant soigneusement notre parcours, les fonds de vallées semblaient correspondre aux attentes écologiques de notre oiseau : une vieille forêt aérée de pins sylvestres, un biotope boréal semblable aux pays nordiques. C'est ici que nous rencontrerons un mâle adulte, occupé à son épouillage quotidien et abandonnant gracieusement une rectrice...

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Cette première rencontre fut une réelle joie car inespérée au regard de la faible densité de cet oiseau et surtout de notre inexpérience des lieux. Plus nous progressions vers le sud plus la forêt s'éclaircissait, les conifères allaient bientôt laisser place aux landes de bruyères, domaine des grouses... Cette zone de transition, entre forêt et lande, est riche en espèces et souvent l'occasion de nouvelles rencontres. C'est ici que nous apercevrons notre deuxième espèce de tétraonidé : un tétras lyre. Furtivement il quitta son perchoir dans un fracas caractéristique. Ce fut le seul individu rencontré mais nous n'avions parcouru en définitive que peu de territoire favorable à l'espèce. Devant nous, notre objectif se dévoilait : les Highlands et ses grouses.

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La grouse, ou lagopède d'Écosse, est une sous-espèce de lagopède des saules. Il y a 20 000 ans un inlandsis recouvrait le nord de l'Europe, l'Écosse ainsi que l'ensemble de la Grande-Bretagne étaient reliées au continent par cette immense étendue de glace. Lorsque le climat s'est réchauffé il y a environ 15 000 ans, la terre fut libérée des glaces et l'Écosse fut isolée du continent... ainsi que sa faune. Ainsi notre lagopède des saules connut une évolution liée au changement de climat et de niche écologique. Les hivers devenant de moins en moins froid et neigeux en ces terres soumises aux influences du Gulf Stream, la principale adaptation morphologique de la grouse fut de conserver son plumage brun toute l'année (ses proches cousines adoptent un plumage blanc en hiver).

Nos premiers pas dans ces landes de bruyères ont confirmé la réputation de certains territoires : cet oiseau est très abondant. Des fientes en nombre considérable, des nids avec les œufs éclos récemment et parfois quelques rappels de mâles inquiets. Les premières rencontres nous ont permis de constater que beaucoup de poules étaient accompagnées de jeunes (des couvées de 15 jours à 1 mois) et une multitude de comportement ont pu être observées. Comme beaucoup de tétraonidés la distance de fuite des compagnies est proportionnelle à l'âge des jeunes, lorsqu'une femelle se tapit, se laissant observer longuement, il est fort probable qu'elle est accompagnée de très jeunes oiseaux. On se doit alors de conserver une bonne distance et de quitter la zone pour éviter tout dérangement qui soumettrait la nichée à un risque élevé de prédation. Lorsque les jeunes sont aguerris, la distance d'envol augmente et il est possible alors de réaliser quelques images...

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Lorsqu'on évoque l'Écosse on ne peut oublier ses côtes sauvages et son incomparable faune marine. Nos concitoyens ont bien entendu l'image de nos littoraux quasiment vierge de vie sauvage, désertés depuis longtemps, et bétonnés à outrance. Ici, seuls les cris d'oiseaux marins résonnent et animent les falaises. C'est ainsi qu'en longeant un estuaire à marée basse nous avons rencontré cette colonie de phoques gris, unique... Pour être honnête ce fut certainement le moment le plus émouvant du séjour. Un véritable partage et il semblait que ces phoques, très curieux au demeurant, nous acceptaient volontiers. Se laissant porter par le courant descendant, ils glissaient à tour de rôle devant nous, à quelques mètres, nous observant de leurs yeux au noir profond. Nous nous sommes allongés et avons observé, simplement. Nul besoin d'appuyer à l'écrit ces instants qui restent rares et n'existent uniquement que pour les vivre...

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