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Les truites d'Espingo ou un alevinage réussi
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Nichés dans le cirque d'Espingo, dans le massif du luchonnais, le val d'Astau plus exactement, les lacs Saoussat et Espingo abritent une remarquable population de truites fario. La Neste d'Ôo, ruisseau qui alimente les deux lacs naturels, permet l'automne venu aux truites de frayer. Ces lacs ont ainsi été placés en gestion patrimoniale, c'est à dire qu'aucun alevinage n'y est autorisé, la reproduction naturelle suffisant au renouvellement de l'espèce. Dans ce milieu aux conditions hivernales si rudes, à l'approche des 2000 m d'altitude, les truites autochtones d'Espingo restent pour les pêcheurs un trésor inestimable tant le cas est rare, la plupart des lacs pyrénéens étant assujettis aux récurrents alevinages.

Le val d'Astau n'était il y a de cela quelques siècles qu'envahi d'un glacier qui, en se retirant, laissa la place aux lacs. La cascade d'Ôo, en aval du cirque d'Espingo, était déjà présente lors du retrait des glaces, empêchant ainsi toute éventuelle colonisation des nappes d'eau par les truites. Il ne fait donc aucun doute, la présence de la truite fario à Espingo ne peut être le fruit que de l'intervention humaine. Reste à savoir de quelle manière ? Un apport ancien de truites de piscicultures aux origines peu définies, ou bien une translocation de proximité avec des truites sauvages prises dans la vallée, afin de conserver la souche locale. La fédération de pêche de la Haute-Garonne s'est efforcée de répondre à la question.

L'étude du périmètre de la centrale du portillon par EDF pour son renouvellement de concession a été l'occasion en 2012 pour la fédération de pêche de recueillir quelques truites par pêche au filet dans le lac et pêche électrique du ruisseau dans le but de mieux identifier la souche des truites d'Espingo. L'étude génétique a été ainsi confiée à Patrick Berrebi, du laboratoire du génome à Montpellier.

Le verdict est tombé! L'ADN des truites d'Espingo indique leur origine domestique ancienne. Il s'agit donc bien de truites issues de pisciculture.

Pourtant, les nombreux alevinages qui ont été effectués, partout en France, pour répondre à la disparition des truites sauvages, ont quasiment toujours montré leurs limites si ce n'est leur inefficacité, voués à l'échec. Le cas des truites d'Espingo reste ainsi un cas à part, et montre, s'il en était besoin, qu'une telle réussite n'est possible que dans un milieu intact et non dégradé. Quoi de plus logique quant ont connait les difficultés qu'éprouvent les sauvages pour survivre dans des milieux aquatiques pillés par l'hydraulique, l'agriculture intensive et les différentes activités humaines. Pourquoi des truites issues d'alevinages y parviendraient quand les robustes indigènes sombrent?

L'alevinage peut réussir mais sous certaines conditions. Preuve étant faite, il ne reste donc plus qu'une question : pourquoi tant d'alevinages en rivières où les conditions de réussite ne sont pas réunies?

Les crues : quelles conséquences pour la population piscicole?
Les crues d'un cours d'eau sont indispensables au bon fonctionnement de la rivière. Elles permettent le nettoyage des embâcles, limitent la sédimentation des fonds, permettent le renouvellement et l'évolution des bancs de gravier, des frayères, des ilots et des des bras morts, autant de zones propices à une riche biodiversité. Un bon nettoyage en quelque sorte! Qui plus est, naturel. Les crues sont donc gage de bonne santé du cours d'eau.

Les truites, en règle générale, savent parfaitement vivre avec les crues et s'en accommodent. Les crues annuelles amènent à la population piscicole une abondante alimentation. Les pêcheurs le savent. Lorsque le niveau d'eau monte, et avant que l'eau ne se trouble trop et ne transporte avec elle une quantité importante de matière en suspension et de limon, ils profitent de l'activité des truites. Lorsque la crue est trop intense, fini le festin! C'est le cas des crues décennales.  Plus question de penser à se nourrir, il s'agit de lutter contre la force du courant. Les truites savent trouver des zones de calme, au fond du cours d'eau, derrière un bloc rocheux, dans un remous. Le lit du cours d'eau sollicite rapidement les bras morts, les truites s'y réfugient où regagnent l'embouchure d'un tributaire.

Les crues torrentielles que viennent de subir les cours d'eau de la partie occidentale des Pyrénées sont tout autre. L'intensité avec laquelle elles ont déferlé ne peut ne pas avoir d'incidence sur la bonne santé des rivières. La Garonne s'est transformée en un véritable torrent de boue. Les truites ont-elles pu survivre dans une telle eau? Résisterions nous longtemps dans une tempête de sable?

Pourtant, dans sa vie, le fleuve a très certainement connu pareille épreuve, avec des crues de même ampleur, voir pire. Les populations de truites s'en sont, à l'époque, remises puisqu'elles peuplent encore aujourd'hui le cours d'eau. Mais à l'époque! La rivière ne subissait pas les agressions qu'elle endure aujourd'hui; agriculture, industrie, hydraulique, activités humaines... La
qualité actuelle dégradée du milieu aquatique et l'état critique des populations piscicoles qu'elle implique, permettra t-elle toutefois aux truites de résister? La goutte d'eau n'aurait-elle pas fait déborder les cours d'eau pyrénéens?

 Voilà une question pour laquelle il faudra un peu de recul pour avoir un aperçu de la réponse et mesurer les conséquences d'une telle crue sur la population piscicole!


Ouverture de la pêche à la truite
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La traditionnelle ouverture de la pêche à la truite dans les eaux de première catégorie a lieu comme chaque année le deuxième samedi du mois de mars. Le rendez-vous est donc pris cette année pour le samedi 09 mars 2013. Rappelons que cette date est harmonisée à l'ensemble du territoire français.
Des ruisseaux et torrents pyrénéens aux plus larges rivières de plaine, les pêcheurs pyrénéens n'ont que l'embarras du choix quant à savoir où plonger leur ligne en ce jour si particulier, choix souvent guidé par la qualité du poisson recherché. Les "petites" farios bénéficiant des eaux pures et froides d'un "rec" dévalant la montagne veillent. La rudesse du milieu dans lequel elles évoluent ne leur permet que très rarement d'atteindre des tailles honorables. Pour cette année, la quantité de neige tombée cet hiver devrait rendre la partie de pêche encore plus difficile! Mais le plaisir est bien là, garanti : un décor de rêve, une apaisante solitude et des truites qui ressemblent encore à des truites! Plus bas, des truites certainement plus grosses, plus rares aussi tant la qualité de l'eau et de la rivière reste un véritable problème. Le pêcheur misera certainement sur le côté convivial, à partager un bon petit déjeuner entre amis et famille après avoir tenté de séduire la truite de ses rêves.
Dans tous les cas, les Productions Urogalles vous souhaitent une bonne ouverture et une bonne saison de pêche 2013!

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