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Le retour du Roi
Le bilan provisoire* (au 16/09/13) de la remontée du saumon pour l'année 2013 observée sur différentes stations des bassins de la Garonne et de l'Adour donne :
Pour la Dordogne, 196 saumons en montaison à la station de Tuilières, 33 saumons à Mauzac. 2 saumons en montaison ont été observés à Monfourat sur la Dronne, affluent de la Dordogne.
Pour la Garonne, 47 saumons à la station de Golfech et 13 saumons au Bazacle.

Pour le bassin de l'Adour, aucune donnée de remontée concernant l'Adour lui même. Sur le Gave de Pau, à Artix, il a été observé la montaison de 266 saumons. Sur le Gave d'Oloron, à la station de contrôle vidéo du Masseys, 853 saumons. Sur le Gave d'Aspe,
à Soeix, 141 saumons. Sur le Gave d'Ossau, à Saint-Cricq, 671 saumons. Sur le gave du Saison, à Chéraute, 100 saumons sont remontés. Sur la Nive, il a été observé 124 remontées, et enfin, 29 pour la Nivelle.

                                                                                                                                             * Données MIGRADOUR et MIGADO

A la mémoire du Saumon!
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Les Pyrénées offrent de multiples possibilités pour traquer les salmonidés.

Qu’elles soient en ruisseaux, torrents ou lacs de haute montagne, les pêches pyrénéennes, authentiques et sportives, sont un vrai régal pour le pêcheur à la ligne, aussi bien pour le décor qui lui est offert, que dans ce qu’il recherche : la reine des eaux vives nommée truite fario.

Et la place du saumon alors ?

Les Nives, les Gaves, l’Adour, la Garonne ou encore l’Ariège sont (ou étaient, suivant l'optimisme) des rivières à Saumons. La vallée des Gaves est sans commune mesure pour le retour du Roi. Le Gave de Pau, du Saison et surtout celui d’Oloron (une des meilleures rivières à saumons au monde à la grande époque!) sont les plus accueillants. Mais les grands migrateurs pyrénéens ont malheureusement payé un lourd tribu pour l’hydroélectricité, les pêches commerciales, la pollution des eaux et la dégradation de l’écosystème.

Aujourd’hui, on a peine à imaginer que le Gave d’Oloron ait pu être une des meilleures rivières à saumon au monde!

Le Béarn est marqué historiquement et à jamais par l’emblématique poisson. Des hommes préhistoriques jusqu’à aujourd’hui, cette région pyrénéenne a entretenu un lien passionnel avec le poisson Roi. Le saumon a été l’objet, le long du Gave, d’une convoitise sans limite. L'intérêt halieutique à la fin du Magdalénien a été démontré par les différentes découvertes archéologiques. La grotte d'Arancou pour ne citer qu'elle (vestiges de poissons, gravures murales...) montre oh combien les magdalénien n'étaient pas que de simples chasseurs et l'importance du saumon à l'époque. A partir du moyen-âge, et du fait de l'inventivité des hommes, la capture des saumons s'intensifia. Les moines bénédictins de l’Abbaye de Sorde mirent au point un piège à saumons, appelé « barau »,  extrêmement efficace lors de la remontée des poissons. Ils pêchaient jusqu’à dix tonnes de saumons par an! En 1884, un de ces baraus, installé à Sorde-l'Abbaye prit en une heure 106 saumons! En 1889, un pêcheur à Peyrehorade piégea avec sept de ces machines 1302 saumons (7269 kilos). D’ailleurs les contrats de louage de l’époque stipulaient que les fermiers engagés, nourris et logés, n’aient pas de saumon plus de trois fois par semaines, de peur d’en être gavés tant l’abondance était telle!  Si de telles prises étaient fréquentes à l’époque, ces chiffres restent déroutants et laissent rêveur le pêcheur d’aujourd’hui.

Par comparaison et pour mieux se rendre compte de l’extrême richesse d'alors dans la vallée, les meilleures rivières à saumon de la Gaspésie (Québec) – destination très prisée des pêcheurs de saumon – accueillent en montaison quelques trois mille individus.

Les derniers baraus ont fonctionné jusqu’en 1927. (*) La pêche à la ligne, ludique et lucrative, prit le relai.

La poule au pot était le mets préféré d'Henri IV, que dire du saumon alors! Le Roi de Navarre était surement l'adepte premier de la pêche au saumon, activité jusqu'alors méconnue. Grâce au progrès et l'apparition du matériel de pêche moderne, la pêche à la ligne se démocratisa dès la fin de XIXème siècle . Au début du XXème siècle la pêche au saumon est en plein essor. 3 pêcheurs béarnais, Frèze, Plee et Tardan comprennent le fort engouement suscité par le saumon dans le sud-ouest. Le championnat du monde de pêche au Saumon à Navarrenx nait de leur initiative en 1958. L'épreuve donne à la région béarnaise un élan et une dynamique économique et touristique. Les pêcheurs affluent du monde entier. Le saumon est alors au centre du tourisme local. Cette dynamique perdurera quelques dizaines d'années, le temps de la raréfaction du saumon des Gaves.

L'histoire de la région est riche, le saumon y tient une place importante.

Aujourd'hui, que reste t-il?

Seuls quelques spécialistes osent encore défier le Roi poisson et quelques rares pêcheurs de truites ont la chance de pouvoir se mesurer par un heureux hasard au saumon. Mais les effectifs sont en forte régression. Dans les années 1990, on ne donnait pas cher du saumon, voué à disparaître, inexorablement. Différentes associations ont alors œuvré pour le retour du Roi dans les rivières du bassin atlantique. De nombreuses campagnes d'alevinage ont alors été entreprises pour dynamiser les stocks de saumons. Les saumoneaux, appelés alors tacons, sont extrêmement voraces durant leur jeune vie passée en rivière avant d'entreprendre la dévalaison pour regagner la mer. Les pêcheurs de truites peuvent donc les prendre très facilement, en quantité. Il n'est pas rare qu'ils en touchent des dizaines pour pas une fario! Ils se sentent alors gênés dans leur pêche par les tacons, soupçonnés de les empêcher de correctement taquiner la truite. Certain pêcheurs se disent même aller jusqu'à "balancer" les tacons dans le pré plutôt que les remettre soigneusement à l'eau! Une pétition a d'ailleurs circulé pour déclarer la guerre au Roi.
Le saumon  était autrefois l'emblème de la région, Le poisson Roi, le "Seigneur des Gaves", que reste t-il? La mémoire s'en est-elle perdue?

(*) Le Saumon Seigneur des Gaves, Jean-Paul Valiente, éditions Mon Hélios./
Le Roi des Poissons
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Le Saumon d’Atlantique symbolise l’âme de l’Islande. Il est le cœur de l’Irlande. Il est le souffle de l’Ecosse. Il est l’esprit du Québec. Il est la force. Il est la grâce. Il est ce que la nature a pu faire de mieux… perdu aux fins fonds de l’océan, il accomplit un extraordinaire retour aux sources pour se reproduire là où il est né.
Il a fasciné des milliers de générations; des chasseurs de la préhistoire aux pêcheurs sportifs d’aujourd’hui, des tribus indiennes lui vouant un véritable culte aux pêcheries inadmissibles actuelles, de l’inspiration de l’art néolithique à celle des gastronomes, de l’admiration des romains qui le baptisèrent "Salar", le sauteur, à celle de l’écrivain Anglais Isaac Walton (XVII° Siècle) qui le couronna "Roi des poissons "…

Existe-t-il autre poisson, qui, de tous temps, dans tous les coins du monde, fut autant courtisé, autant vénéré? D'où vient cette véritable idolâtrie?

La première cause en est la surabondance – le mot n’est pas trop fort – du saumon. Il était une manne providentielle lors de son retour en rivière pour les hommes préhistoriques qui, bien qu’ignorant les fameux oméga 3, connaissaient toutes les vertus et les bienfaits qu’il procure. Il a nourri des milliers de générations. Outre-Atlantique, les indiens lui vouèrent un véritable culte tant il était un don du ciel, indispensable pour subvenir à leurs besoins alimentaires. Un cérémonial lui était dédié; les arêtes du saumon étaient restituées à la rivière, rituel qui permettait de témoigner du respect envers le saumon et remercier la nature pour ce qu'elle offrait. Un état d'esprit dont devrait davantage s'inspirer la société d'aujourd'hui!

L'extraordinaire voyage qu'il accomplit pour retrouver sa rivière natale ne laisse pas indifférent. Ce don de la nature a toujours fasciné. Comment, perdu au fin fond de l'océan, peut-il accomplir des milliers de kilomètres, sans se tromper, et revenir sur ses traces originelles?

Pour le pêcheur à la ligne, la puissance du saumon séduit. Le guerrier offre un combat exceptionnel, inoubliable. Tel le valeureux taureau dans l'arène bénéficiant de "l'indulto", la grâce lui est souvent accordée. Son élégance suffit bien souvent pour quelques instants, le temps d'un coup d’œil admiratif, au bonheur du pêcheur. Il sera ensuite relâché.

L’Irlande, l’Islande, l’Ecosse, la Norvège, le Canada, où il est également possible de pêcher son cousin du pacifique, ou encore la Russie dont la péninsule de Kola est une des rares à posséder aujourd'hui la densité d’antan, sont des destinations très prisées pour la pêche à la ligne du saumon.

Et en France, que reste-t-il ?

Des rivières bretonnes au bassin de l’Adour, en passant par la Loire et l’Allier, les rivières à saumon françaises n’auraient rien dû avoir à envier aux rivières nordiques. La fin du XXème siècle a été déterminante quant à la raréfaction du saumon; hydroélectricité, agriculture, pêcherie industrielle... Une nouvelle ère s'ouvre, à la mémoire du saumon, toute aussi déterminante quant à sa survie. Les associations s'organisent, l'"AIDSA", "COGEPOMI", plus localement "MIGADO" pour les migrateurs de la Garonne et la Dordogne, "Eau et Rivières de Bretagne", "programme Life Loire grandeur nature" qui tente d’effacer de profondes blessures infligées à la Loire et à l'Allier, celles notamment dues à l’hydroélectricité... La vallée des Gaves était sans nul doute une des plus prolifiques du monde pour le retour du Roi. Dans les années fastes, il y a de cela un petit siècle à peine, les pêcheurs du monde entier, particulièrement les britanniques, ralliaient le Béarn, pour l'unique saumon. Le monde à l’envers ! …

Que reste-t-il ?

Ancré dans la culture béarnaise, des générations ont pourtant entretenu avec le "Roi des poissons" un lien culturel et économique fondamental.

La mémoire s’en est-elle perdue ?…
La Pique et le saumon
Fin septembre 2013, des pêches électriques "tacon" ont été effectuées sur la Pique avec la Fédération de Pêche de la Haute-Garonne, l'AAPPMA "La Truite Luchonnaise", l'ONEMA et MIGADO pour le suivi saumon du bassin Garonne. Ces pêches ont permis de capturer des tacons sauvages, attestant ainsi la présence du saumon sur ce modeste cours d'eau.
Sur la Garonne, aux stations de Camon et Pointis de rivière, 4097 Smolts de saumon ont été capturés en dévalaison pour l'année 2013 et relâchés en aval de Golfech pour leur permettre de continuer leur périple Atlantique.

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